Fonctions des organes dans l’alimentation :

  • La rate transforme les aliments et les boissons, elle en extrait le Qi et le Jing (essence) qui sont transportés dans tout le corps.
  • La rate et le poumon contribuent à l’énergie acquise
  • La rate, c’est ce qu’on mange
  • Le poumon, c’est ce qu’on respire
  • Le rein, c’est l’énergie innée (une énergie qui vient de la naissance)

L’énergie de la rate et du poumon qui constitue l’énergie acquise participe au bon fonctionnement de l’individu.

Dans le détail comment se passe la digestion ?

Première étape :
A - On voit les aliments : on salive car la salivation va permettre d’activer le processus de digestion
B - On mastique les aliments ingérés afin d’aider l’estomac à réduire les aliments.
Salivation + mastication = 1ère étape
Afin de faciliter la cuisson

Deuxième étape :
Réception par l’estomac des aliments solides et liquides. Imaginons l’estomac comme un chaudron qui brûle à 40 , le corps étant à 37. L’alimentation va être réduite à l’état de bouillie alimentaire : « une soupe digestive ».
La rate, c’est « le feu digestif » (le feu sous le chaudron). La rate est secondée par les reins.
L’objectif de cette étape est de cuire les aliments et de produire la soupe digestive.

Troisième étape :
Cette soupe tiède est descendue par l’estomac vers l’intestin grêle qui, avec l’impulsion de la rate, va séparer le clair du trouble (pur/impur). Le clair étant les substances nutritives qui vont nourrir le corps. Le  trouble étant les déchets qui seront expulsés. L’énergie du rein est présente pour aider à la transformation.
La bile de la vésicule biliaire est excrétée dans l’intestin pour aider l’action de l’intestin grêle.

Quatrième étape :
Le clair (énergie nutritive des aliments) est élevé vers le foyer supérieur dans le poumon par la rate et aidé par l’énergie ascendante du foie. Puis, avec l’énergie de l’air, c’est-à-dire :

Énergie de l’air + énergie des aliments = constitution d’une énergie essentielle qui sera distribuée par le poumon vers tous les tissus et les organes de l’organisme, puis une partie de ce clair est envoyée dans le cœur où elle se transforme en sang. Le trouble, c’est-à-dire les déchets, est expulsé : les solides par le gros intestin, les liquides par la vessie vers l’extérieur grâce à l’action de l’estomac.

Par conséquent, de cette compréhension, on peut déjà tirer quelques principes fondamentaux :

1 - Respecter les capacités de l’estomac

2 - Afin de favoriser la cuisson, il faut manger cuit, chaud et bien mastiquer.

Nous pouvons déjà retenir 5 principes :
  1. manger cuit
  2. manger chaud
  3. bien mastiquer
  4. ne pas manger à satiété
  5. boire chaud et plutôt en fin de repas


Comment répartir les repas ?

Eh bien à l’inverse de nos habitudes occidentales.
Connaissez-vous cet adage ? Il faut manger comme un roi le matin, comme un prince le midi et comme un mendiant le soir. A l’image d’une pyramide, en occident nous l’inversons ; en quelque sorte, nous marchons sur la tête. Le matin nous abordons une journée, nous avons donc besoin d’énergie et de chaleur, nous avons jeûné depuis la veille. Si nous sautons le petit déjeuner ou déjeunons insuffisamment, comptabilisez le nombre d’heures qui séparent le repas de la veille au soir à celui du midi : 17 heures sans apports. Il reste donc 7 heures durant lesquelles vous allez stocker un maximum d’énergie.

7 heures de remplissage contre 17 heures de diète.

L’écart est énorme. Qui plus est, sauter un repas, quel qu’il soit, favorise la rétention et la prise de poids. Le corps réagit en stockant dans l’attente d’une éventuelle privation, il s’organise pour ne pas manquer et avoir des réserves dans lesquelles il pourra, le moment venu, puiser. Car n’oublions pas que le rôle principal de l’aliment est de participer au bon fonctionnement de notre organisme et de nous maintenir en vie. Il ne s’agit pas, comme nous avons tendance à le penser aujourd’hui, de combler des manques affectifs et de nous procurer des plaisirs subjectifs et éphémères qui tendent vers le toujours plus de sucre et le toujours plus de sel que l’industrie agroalimentaire moderne exploite de plus en plus en nous proposant des plats préparés saturés en sel et en sucre.

Mais revenons à notre adage :

  • Le matin, il faut donc bien s’alimenter.
  • Le midi, un repas selon l’activité pratiquée devra être étudié.
  • Le soir, comme l’activité de la nuit est (normalement) faible et que les besoins sont moindres, le dîner sera plus léger.


De plus, le corps a besoin de beaucoup d’énergie pour digérer. Il est donc normal que, lorsqu’il est reposé et restauré après une nuit de sommeil, il puisse mieux digérer que le soir où ses réserves énergétiques s’épuisent progressivement.


Comme vous avez pu déjà le constater, la gourmandise n’est plus considérée comme un défaut, voire un péché, c’est aujourd’hui grossir qui en est un. C’est un phénomène de société plutôt « nouveau » et très « occidental ». Dans l’histoire, nous avons passé davantage de temps à résoudre nos problèmes incombant à la survie, traversé de longues périodes de famine, de disette ou de restriction imposée par les événements où la question fondamentale était « que puis-je bien manger pour survivre ? ». N’oublions pas qu’il s’agit encore d’un problème qui concerne encore une trop grande partie d’entre nous à travers le monde. La question occidentale « comment faire pour ne pas grossir ou comment faire pour perdre du poids ? » est somme toute récente et concerne les mieux nantis. Toutefois, même relativisée, la question de surcharge pondérale est un problème majeur entraînant des maladies cardio-vasculaires et réduisant considérablement l’espérance de vie. Par conséquent, il est important de la prendre au sérieux et de la traiter car passer du « pas manger » au « trop manger » en le conjuguant au « mal manger » n’est pas une leçon de l’évolution.

Mais soyons tout de même positifs, tout en mangeant mal, nous avons reculé l’espérance de vie d’un nombre d’années non négligeable. Il ne nous reste plus qu’à utiliser à bon escient ce dont nous disposons librement.

Extrait Conférence du 06/02/07 sur la diététique chinoise par Christophe Lorreyte, praticien en Médecine Traditionnelle Chinoise.